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VOTRE AVIS M'INTERESSE !

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y VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Ven 23 Juil 2010 - 13:54

C'est de nouveau moi! J'ai écris, il y a quelques temps une nouvelle que j'ai envoyé à l'édition et que j'ai par la même occasion protégée. j'aimerais la partager avec vous afin d'avoir vos avis car les avis permette de faire évoluer les choses. Pour le moement, je ne la possède pas, mais dès que je reviens, je la mettrais sur ce post et j'espère que vous serez nombreux à me donner un avis afin de savoir où je me situe dans ce domaine! c'est quelque chose d'important pour moi car je doute énormément de ce que je vaux! merci de votre aide et à bientôt donc.....
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Ven 23 Juil 2010 - 17:30

pas de problème blandine, au plaisir de te lire... et de te donner un avis objectif
moi j'écris des nouvelles.... mais coquines ! lol donc je ne les publie pas.... juste pour mon chéri qui les adore !
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capriany
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par capriany le Ven 23 Juil 2010 - 18:32

Avec plaisir Blandine



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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Sam 24 Juil 2010 - 15:27

Nouchka......

et re
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Sam 24 Juil 2010 - 15:55

Fée si tu veux je t'enverrai un extrait.... :MDR: je t'assure............il adooooooooooorrrrrrrrrreeeeeee (on ne lui avait jamais fait !) et oui, je peux être aussi surprenante ! (désolée Blandine on délire un peu avec Fée sur ton post, ne nous en veux pas ... ça détent de rigoler
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Sam 24 Juil 2010 - 21:38

Eh bien , les Cocottes : moi aussi, je suis intéressée .
A bientôt de vous lire
Annette
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Dim 25 Juil 2010 - 7:26

avec plaisir !!! chouette !!
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Dim 25 Juil 2010 - 9:19

Oui ce sera avec plaisir Blandine ! J'ai déjà écrit des nouvelles!

Et Nouchka, eh bien qui l'eut cru ! Ah c'est beau l'amour !

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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Lun 26 Juil 2010 - 13:20

merci à vous! c'est cool! je suis en relecture, en pofinage! dès que k, je la mets sur ce site! quand aux nouvelles coquines, moi je veux bien lire! merci mille fois et à très bientot
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Lun 2 Aoû 2010 - 13:59

Un présage dans la nuit.





La nuit était tombée sur le village où vivait
Marie, jeune femme solitaire de trente huit ans. Partis trop tôt, ses parents
lui avaient légué cette demeure qu'elle habitait depuis sa naissance. C’était une belle bâtisse toute en pierre qui
surplombait un hameau depuis la colline, dans son versant sud. Petite mais
agréable, suffisante pour la jeune femme, la maisonnette était l’été, entourée
de fleurs sauvages. A quelques mètres de là, une vieille étable accueillait des
poules et un coq entrainé à de nombreuses vocalises matinales. Un peu plus loin
sur la gauche, des arbres s’élevaient en rempart, protégeant les vieilles
constructions d’un vent frais qui rodait souvent dans le coin. Depuis début
décembre, un grand froid sévissait sur la région, donnant toutefois de belles
journées ensoleillées.



Vingt et une heures sonnaient au clocher du
village voisin. Une fois de plus, la nuit promettait d’être glaciale. Dans son
fauteuil face à la cheminée, Marie fermait les yeux. Le crépitement du feu
animait la pièce silencieuse qu’une lueur jaunâtre enchantait, balayant de ses
doux reflets le visage fatiguée de la jeune femme. Couché près d’elle, Balthazar
le chien,épiait chacun de ses faits et gestes. Un souvenir douloureux dévastait
Marie. Thibault, son amour de jeunesse parti faire ses études à Bordeaux, avait
bien vite oublié son beau serment pour
se marier à une fille de la ville. Déçue, Marie se renferma, repoussant ainsi toutes
possibilités de rencontre. Aujourd’hui, cet isolement lui pesait et des larmes coulaient sur ses
joues rougies par la chaleur des flammes. Elle rejeta ce pénible souvenir et son
esprit se réfugia dans de nouvelles réflexions. Une douleur vive irradiait son
dos meurtri par les lourdes tâches de la vie à laferme. Les clôtures du
« prés grand » étaient à finir. Plantés à l’automne, les piquets
attendaient le grillage depuis trop longtemps et la saison se prêtait fort bien
à cette besogne. Marie contempla les flammes qui vacillaient inlassablement.
Elle ferma les yeux et se prêta à son jeu favori, la rêverie. Elle enfantait
ainsi tous ses désirs cachés loin du regards des autres, de leurs moqueries et
de leurs raisonnements étroits. Ce passe-temps bien qu'au premier abord
ridicule offrait quelques espoirs inavouables. Elle installa rapidement le
décors par l'introduction d'une tempête de neige qui déversait avec délicatesse
un lourd manteau sur un paysage transi de froid. La vieille branche qui offrait
son ossature comme ombre les jours de soleil, venait de céder sous le poids de
la poudreuse et obstruait la route en bas de chez elle. Marie introduisit le
personnage principal. Elle forgea ses traits afin qu'il réponde exactement à
ses attentes secrètes. Elle lui offrit des yeux bleus, des cheveux grisonnants,
un visage doux, une stature mince et élancée. Elle lui donna un prénom et un
tempérament très proche du sien. L'histoire pouvait dés lors commencer. L'homme
frappa trois coups à la porte..." Balthazar grogna et se prépara à un
éventuel assaut. Marie répondit:



- Qui est-ce ?


- Bonsoir Madame, je suis désolé de vous
déranger mais ma voiture est bloquée par la neige juste en bas de chez vous?
pourrais-je téléphoner, s'il vous plait?



Balthazar se tut sous le ton rassurant de la
voix masculine et rejoignit son coin favori devant la cheminée. Rassurée, Marie
ouvrit la porte et vit l'homme à la quarantaine bien affichée. Ses cheveux
bruns étaient parsemés de neige. Le visiteur était immobile. Il salua la jeune
femme et lança:



- Je suis bloqué en bas de chez vous. Une grosse
branche ferme le passage. J'ai dû stopper mon véhicule dans votre allée. Je suis
très embarrassé et ne sais que faire. Pourrais-je téléphoner?



- Oh, je suis désolée mais la ligne est
coupée depuis deux heures au moins!



Inspectant l'extérieur, il parut soucieux et
s'adressant à nouveau à Marie, il hasarda:



- Pourriez vous m'indiquer un lieu où dormir?


Marie réfléchie un instant et proposa:


- Je peux vous offrir de passer la nuit ici.
J'ai une chambre à l'étage dont l'accès est extérieur. Elle est indépendante et
totalement aménagée. Il sera plus simple dès demain de trouver une solution.



- Je vous remercie de cette proposition et je
l'accepte avec plaisir. Je vous dédommagerais, soyez-en certaine!



Il parut embarrassé puis ajouta:


- Si vous permettez, je vais prendre quelques
affaires dans la voiture!



- Faites donc, en attendant, je vous prépare
une boisson chaude, une tisane vous conviendra ?



- Oui, merci!


Pendant ce temps la jeune femme concocta une
infusion au tilleul. Plusieurs bougies accordaient un peu de clarté à la pièce
privé d'électricité. L'ambiance chaleureuse du foyer invitait au romantisme.



La
porte s'ouvrit derrière elle et l' hôte apparut chargé d'un attaché caisse et
d'un bagage.



- Puis je les poser ici, demanda-t-il?


- Oui bien sur, je vous indiquerais votre
chambre tout à l'heure!



- Merci dit-il d'une voix aimable . J'ai omis
de me présenter tout à l'heure, veuillez m'en excuser. Je suis Grégory.



- Enchantée! Moi, c'est Marie.


Ils se dévisagèrent un instant, puis Marie
convia Grégory à s'asseoir près du feu, sur le fauteuil associé au sien. Une tasse bien chaude entre
les mains, ils entamèrent tous deux une longue conversation que Marie rédigeait
avec précision afin de rendre son histoire très agréable. Elles exploita tous
les sujets et ranima ainsi sa véritable personnalité qu'elle refoulait par peur
d'exciter des regards un peu trop entreprenants. Bien évidemment, Grégory tomba
sous le charme et ses yeux frôlèrent les siens avec une douceur qui avive le
cœur.



La pendule ramena la jeune femme à la réalité
par son carillon bruyant. Elle s'extirpa de son siège et s'étira longuement
avant de se diriger vers la porte de la chambre suivie de Balthazar. Une rude
journée l'attendait et les heures de repos n'étaient pas de trop. Elle
poursuivrait son histoire un peu plus tard instaurant ainsi un peu de rêve dans
une vie si fade.



Quand le réveil sonna, Mary manquait de
sommeil. Dehors, il faisait froid. N'aimant pas traîner au lit, elle se leva,
fit un brin de toilette et prit son petit déjeuner. Un morceau de fromage, du
pain de campagne et un café bien noir l’aideraient à tenir jusqu'à la collation
de onze heures que les patrons lui proposaient. Elle se vêtit chaudement et
sortit. Elle parcourut les cinquante mètres qui la séparaient de la route, la
traversa puis emprunta un sentier. Elle se retourna et aperçut la grosse
branche qui avait joué un rôle dans sa fable de la veille. Elle l'observât et
eu une sensation étrange qui la déstabilisa quelques secondes. Attaché à ses
racines, l’imposant morceau de bois mort dominait la petite route sur le flanc
droit de l'entrée principale de sa demeure . Il paraissait signaler quelque
chose. Elle se promit de le couper dès que possible car la branche pouvait à
tout moment blesser quelqu’un et cela l'effrayait.



Marie poursuivit son chemin. Trois kilomètres
de piste sinueuse l’attendaient. Cela ne la dérangeait pas puisque la marche
était un de ses passes temps favoris. Tous les dimanches, elle partait à
travers bois et faisait de longs trajets. Les branches s’écartaient sur son
passage et dévoilaient le parfum qui se dégageait de la forêt. Le contact
direct avec le monde végétal lui confirmait un état parfois oubliée, celui d'être
en vie. Ce matin, toute la campagne se livrait au givre blanc qui parsemait ses
illustres cristaux sur les branches endormies. Le froid vif caressait le visage
de Marie et lui donnait le teint rose. La clarté de la lune se répandait avec
générosité jouant à cache-cache derrière le branchage.



Marie ouvrit le portail figé qui donnait sur
la maison de ses patrons. Le portillon poussa sa rengaine habituelle. Entrant
dans la cuisine, elle salua d’un sourire ses employeurs. Comme chaque matin, un
café l’attendait sur la table. La chaleur de la pièce l’enveloppa, libérant une
sensation agréable. La rougeur de ses joues s’intensifia.



-
Ho! Quel froid ! J’ai les mains gelées.



-
Prends donc se café, ça te réchauffera, s’exclama Renée.



Le mois de janvier était une période
difficile pour les fermiers. Les brebis mettaient au monde leurs petits. Aide
précieuse, Marie connaissait bien son travail et savait s’y prendre avec ces
bestioles.



-
Il y a six agnelles de plus, déclara Georges enjoué.



-
Bientôt, il dormira à la bergerie, le taquina sa femme.



-
Oh, ça se pourrait bien ! il y fait pas froid tu sais ! J’y
serais pas malheureux.



Marie les regarda amusée. Elle aimait
profondément ces gens. Ils étaient simples, sans complexes et entendaient la
plaisanterie.



-
Une nuit sans ton petit bout de femme à tes côté, est-ce possible?



-
Ah! On se refait pas! Et toi, qu'est-ce que tu attends pour en trouver
un? Avec ce froid, il serait pas de trop, s’exclama Georges avec un clin d’œil
malicieux.



-
Bah ! Les hommes ! Ils n’y connaissent rien, déclara Renée d’un ton solennel.



-
C’est pas en restant cloîtrée chez elle qu’elle rencontrera quelqu’un.
Crois-tu qu’il va venir frapper à sa porte en lui disant : coucou c’est
moi ! Il faut sortir ma fille!



Georges adorait taquiner sa femme et mieux
encore sa petite Marie. Renée répliqua aussi vite que l’éclair.



-
Laisses-la donc tranquille. C’est pas tes affaires. Ne l’écoute pas
petite ! Lui, c’est bien ce qu’il a fait. C’est pas moi qui suis allée le
chercher. Un jour, il s’est pointé avec un bouquet de roses, le regard timide
et la main tremblante. Il bégayait le
pauvre. La suite tu la connais !



-
C'est qu'elle était pas peu fière la dame qu'on vienne ainsi lui faire
la cour! Si tu l'avais vu dans sa petite jaune fleurie! Mon dieu qu'elle était
belle!



Sous
le regard sincère et affectueux de sa petite, Georges s’exclama avec beaucoup
de tendresse :



-
T’inquiète pas petite ! je te taquine mais je suis sûr qu’un
charmant monsieur viendra frapper à ta porte. Tu n’auras même pas à te
déplacer. Qu’on me coupe la langue si cela ne t’arrive pas !



-
Oh, là Papi, tu prends des risques !



Marie s’avança vers eux et les embrassa
tendrement. Sans plus attendre, elle se rendit à la bergerie pour effectuer ses
tâches journalières. Marie distribua le foin et la farine de céréales
mélangées.



Vers neuf heures trente, elle accompagna son
patron aux pâturages pour y finir les clôtures. Georges, dont la douceur de la
voix lui rappelait celle de son père, était un être unique. Elle aimait
travailler à ses côtés. Il lui avait tout appris. Cet homme dont les mains
dénonçaient les traces d’une vie de labeur, avait tout juste soixante ans. Ses
cheveux grisonnants se cachaient sous une casquette grise. Il s’était marié
trente ans plus tôt. Il n’avait pas eu
d’enfant et en fut affecté jusqu’au jour où Marie rencontra leur chemin.



Vers midi et demi, ils s’installèrent sur une
vieille souche. Le froid creusant le ventre, ils entamèrent le casse croûte
préparé par Renée, cette femme de cinquante huit ans qui avait elle aussi,
reporté son amour sur Marie.



L’après midi se passa tranquillement sous un
soleil timide. Les températures s'étaient rapidement radoucies. Vers seize
heures, un vent léger se leva et de gros nuages se profilèrent à l’horizon.



-
Humm ! tu as vu ces nuages noirs ? s’exclama Georges.



-
Ils ne disent rien de bon !



-
On ferait mieux de rentrer. Il y a du boulot à la bergerie.



-
Tu as raison !



-
Dis donc petite ? Tu m’as l’air un peu perdue dans tes pensées
aujourd’hui ! Tout va bien au moins ?



L'étrange
pressentiment du matin n'avait pas quitté la jeune femme. Elle devinait quelque
chose sans l'essence et cela la tracassait.



-
Tout va bien, je t’assure!



-
Ah bon ! Allez, il faut y aller maintenant. La femme va se faire
du souci. Prends ces outils, veux-tu ?



De retour, Marie ouvrit la porte de la
bergerie et une douce chaleur la saisit. Elle se dirigea vers l’allée centrale
où se trouvait une grosse botte de foin que les brebis épiaient. Marie garnit
les mangeoires et attrapa une agnelle
qu’elle serra contre elle. La mère n’ayant pas assez de lait, la jeune femme lui
donnait matin et soir un biberon complémentaire. Marie aimait sincèrement les
animaux. Un sourire se dessina sur les lèvres à la pensée des souris qui fourraient
leur nez dans le grain des poules. Ces
rongeurs miniatures quelques peu envahissants distrayaient la
demoiselle. Les oiseaux étaient eux aussi de la partie. Leur piaillement insistant
prévenaient que leur gamelle était vide. Certains soir, Marie écrasait des noix
et emplissait un filet qu’elle attachait à une branche visible de la fenêtre.
Ces petites choses de la vie transmettaient le goût de vivre.



Il était dix neuf heures quand la jeune femme
prit le chemin du retour sur les recommandations de ses patrons. La campagne
s’était vêtue d’un blanc manteau. Dans la région, il n’y avait jamais d’hiver
sans neige, bien qu’elle fit défaut à Noël. Lorsque le vent se levait, les
routes devenaient impraticables. Le chasse neige passait en tout dernier lieu
dans ces coins retirés. Les gens y étaient habitués et faisaient avec. La neige
était un excellent engrais pour les terres, disait-on ! Marie connaissait
bien sa route. Une lampe l’accompagnait dans sa traversée nocturne. Elle
pensait à son enfance. Elle était une enfant espiègle. Elle formait des boules
de neige minutieusement avec des chaussettes en guise de gants et les écrasait sur
le visage de son père qui se prêtait gentiment au jeu, puis elle éclatait de
rire, persuadée de lui avoir joué un bon tour. Il y avait aussi les illustres
bonhommes de neige qui s’accoutraient d’une carotte en forme de nez. Papa
offrait pour l’occasion son vieux chapeau de paille qui n’eut pas supporté un
été de plus tant il était troué. Quant à maman, elle abandonnait son écharpe
bleue usée par les années. Ce bonheur était très loin mais bien vivant. Le
souvenir tragique de l'accident fit noyer de larmes les yeux de la jeune femme
et son cœur s'attrista profondément. Elle ne vit pas défiler les trois
kilomètres qui laissaient ses traces de pas se recouvrir rapidement par la
neige. Elle se trouva devant la porte de l’étable. Marie donna du grain aux
poules qui s’étaient retirées dans leur enclos puis ramassa quelques œufs,
rares par ce grand froid. Elle referma la porte de l’ancienne étable et se
rendit à la maisonnette. Elle fit un feu dans la cheminée qui réchauffa
rapidement la pièce principale puis se prépara un repas avec le jambon que
Renée lui avait glissé dans le baluchon avant de partir. Rassasiée, elle
débarrassa la table et fit la vaisselle. Balthazar lorgnait la couenne qui
atterrit soudain dans sa gamelle et fixa de nouveau sa maîtresse, espérant un
peu de rabe. Marie se réfugia dans son fauteuil près du feu. Le plaid n’était
pas de trop. Balthazar prit sa place habituelle. Épuisée, la jeune femme fixa
longuement la danse du feu sur les bûches de bois. La chaleur qui se dégageait
lui réchauffait le corps. Les couleurs rouges orangées s’amusaient sur l’âtre.
Marie éprouva de nouveau son étrange sensation. Quelque chose taquinait sa
conscience, un sentiment inexplicable.
Elle vida son esprit et scrutant le mouvement des flammes, se laissa
bercer par le doux murmure de la pendule qui dansait dans le salon. Marie
laissa ses paupières tirer leur révérence. Savourant la paix intérieure qui
l’envahissait peu à peu, elle se détendit.
Soudain, Balthazar gémit. Elle le regarda et le rassura d’une caresse sur le
museau. Inquiet, le chien aboya vivement. Il s'avança vers la porte quand trois
coups se firent entendre. Surprise, Marie sursautât, inquiète. Qui cela
pouvait-il bien être à cette heure ci par un temps pareil ? Rapidement rassurée
par l’attitude du chien, elle se dirigea vers la porte qu’elle ouvrit sur un
homme brun d’une quarantaine d’années. Vêtu d’une veste noire fourrée, une
casquette couvrait ses cheveux châtains légèrement ondulés. Les yeux d’un bleu profond offraient à son visage
un charme irréel. Elle le fixa longuement et l'homme parut gêné. Se détachant
de l’emprise visuelle de la jeune femme, il se décida à parler.



-
Je suis navré de vous déranger si tard, mais j’ai ma voiture bloquée en
bas de chez vous. Une branche me barre le passage. J’ai essayé de joindre un
ami sur mon portable mais il n’y a pas de réseau. Pourrais-je téléphoner s’il
vous plait ?



Marie fixa l’homme. Des pensées
l'envahissaient: la branche morte, l’étrange impression, l'histoire. Tout
concordait. Troublée, elle le fit entrer et fournit un grand effort avant de
bafouiller:



-
Je suis désolée mais la ligne est coupée!



-
Oh, dommage ! pourriez-vous m’indiquer un endroit où je pourrais
passer la nuit, hasarda l’homme. Je ne me vois pas dormir dans la voiture!



-
A cette heure-ci ? Je crains fort que vous rencontriez des
difficultés pour vous déplacer. Mes employeurs sont mes plus proches voisins.
Il faut compter trois kilomètres à travers bois. Ce n’est pas l’endroit idéal
pour les balades nocturnes, dit-elle en souriant.



-
Je me suis laissé surprendre comme un débutant par la neige. J’ai un
peu trop tardé chez mon nouveau client et voilà le résultat. Il faut dire que
je n’ai pas trop l’habitude de la région.



-
Je comprends !



Balthazar se frotta à l’étranger pour détecter
une éventuelle menace. L'homme n'en menait pas large mais le chien cessa sa
méfiance et l'amadoua pour recevoir une caresse. De son côté, Marie réfléchissait,
hésitante. Elle ne pouvait pas laisser
cet homme dehors avec ce temps. Examinant le comportement du chien, elle se
sentie rassurée et décida:



-
Finissait d’entrer, il fait pas chaud. J’ai une pièce indépendante à
l’étage qui devrait vous convenir pour une nuit.



-
Je ne sais comment vous remercier. Je vous avoue sincèrement que je commençais
à paniquer. La rapidité avec laquelle est tombé cette neige surprend.



-
C’est fréquent ici ! Je reconnais que je me sens un peu responsable
de votre sort. Cela fait une éternité que je dois supprimer cette branche morte
mais vu le temps, je pense qu'elle n’y est pas pour grand chose ! Enfin,
c’est désormais chose faite, je finirais le travail demain. Seriez vous intéressé
par une boisson chaude?



-
Je veux bien !



-
Un petit grog !



-
Un petit grog fera l’affaire, merci !



Marie lui désigna le fauteuil qui appartenu
jadis à son père. S’excusant, l’homme déposa sa sacoche contre le mûr et vin
s’asseoir près du feu, sans omettre d’hotter au préalable sa veste fourrée.
Deux tasses à la main, marie s’installa près de lui.



-
Avec tout ça, je ne me suis même pas présenté, s’excusa l’homme. Je
m’appelle Alex. Je suis originaire de la région parisienne et j’habite depuis
peu à Grenoble.



-
Enchantée, moi c’est Marie, je vis depuis toujours ici!



La
jeune femme sourit de sa répartie. Curieuse elle lui demanda:



-
Que faites vous dans le coin avec ce temps ?



-
Je travaille dans les assurances. J’ai repris la clientèle de mon
prédécesseur et j'agrandit en quelque sorte mon champ d'action. Je vous avoue
que je suis un peu perdu. La vie parisienne est toute autre. Je vais devoir
m’habituer mais je pense y arriver avec un peu de volonté!



Alex se laissa aller au confidences. Sa
mésaventure le faisait sourire. Marie ressentie la douceur étrange d'un déjà
vécu. Elle se sentait heureuse et en
paix.



Vers minuit, ils sortirent et grimpèrent à
l’étage dans l’ancienne chambre de ses parents qui servait occasionnellement de
chambre d'ôte. Le lit fut rapidement fait. Marie souhaita bonne nuit à son ôte,
lui promettant de le réveiller vers huit heures et partit à son tour se coucher.
Allongée dans son lit tiède, troublée Marie méditait. L’homme était assez
semblable à celui de son histoire, cela lui parut fort étrange.



Elle ne dormit pas beaucoup cette nuit là et se
leva très tôt. Elle se sentait embrumée. Elle sortit le pain, le beurre ainsi
que de la gelée de mûres. Un morceau de fougasse achetée au marché compléta le
menu. Elle entendit des pas à l’étage, puis trois coups raisonnèrent à
l'entrée.



-
Entrez, je vous en prie!



Faisant son apparition, Alex la salua d’un
grand sourire.



-
Alors bien dormi?



-
Comme un loir ! C'est si calme ici, si paisible !



-
Je reconnais que suis assez fière de ma petite maison.



-
Je vous comprends ! Je tenez à vous remercier pour votre
hospitalité. C’est très chic de votre part.



-
Je vous en prie, avec plaisir ! Cela fait du bien de voir du
monde. La région est si reculée que nos quelques voisins sont nos seules
rencontres. Il y a bien les foires, mais je n’y vais pas souvent. Quant à la
ville, c’est pas trop mon truc !



Une odeur de café enivrait la pièce et mettait
l’appétit en éveil. Marie invita Alex à s'asseoir face à elle, lui servit une
tasse de café bien noir, sans sucre, sans lait et ils prirent tous deux un
délicieux petit déjeuner.



Il était neuf heures quand Alex se décida à
se lever. Il débarrassa la table et fit le peu de vaisselle sous le regard ébahis
de la jeune femme. Il balaya de ses yeux bleu la salle et félicita Marie pour
la décoration. Il vivait en appartement depuis son divorce et une petite maison
dans ce genre ne lui aurait pas déplu. Regardant
par la fenêtre, il découvrit une vallée magnifique. Il avait cessé de neiger et
le vent avait sculpté des formes ondulées parfaitement lisses. La vue était saisissante.
Immobile, les yeux rivés sur le paysage, le visiteur ne disait mot.



-
Ma fille se plairait beaucoup ici. Elle adore jouer dans la neige. Un
jour je lui trouverais un petit coin comme celui-ci. Et si vous le permettez,
nous viendrons vous voir!



-
Mais bien sûr! J’ai une luge à l’étable. Elle est un peu vieille mais
solide. Je pense qu’elle aimerait. Quand j’étais gamine, je ne loupais pas une
occasion pour dévaler les pentes les plus abruptes. Je devrais m'y remettre qui
sait, le chemin qui mène au travail serait ainsi plus vite fait!



Alex la contemplait. Marie sentait son cœur
battre dans sa poitrine. Pour interrompre le silence qui installait une gène
mutuelle, elle déclara:



-
Eh bien, si vous êtes prêt on pourrait y aller?



Alex se dirigea vers le porte manteau et
saisit sa veste. Il prit sa sacoche contre le mur. La jeune femme chaussa
machinalement ses botes et sortit. suivie de son invité.



Un vent frais lui saisit le visage. Elle
grelotta vivement et s’éveilla. L’horloge sonnait minuit. Le carillon précipita
son cœur dans sa poitrine. Le feu avait dévoré les grosses bûches placées
quelques heures plus tôt dans l’âtre. Le froid était tombé dans la pièce
éclairée d’une seule lampe de chevet. Peu à peu, la jeune femme se remit de sa léthargie.
Elle réalisa du même coup la triste réalité. Elle se leva et ramassa le plaid
tombé à ses pieds puis se dirigea vers la porte qu’elle entrouvrit. La neige
battait son plein. Le vent s’était levé façonnant à sa guise des amas de neige
imposants. Elle entendit soudain, un craquement vers la route. Elle sursauta.
Elle comprit que la neige avait eu raison de la grosse branche. Refermant la
porte, elle fit deux tours de clef. Fatiguée, elle se dirigea vers sa chambre,
éteignant au passage, la lampe de chevet. Balthazar eu droit à sa caresse. Dés
qu’elle eu fermé la porte de sa chambre, le chien prit sa position de garde.



Elle se dévêtit et s’allongea confortablement
dans son lit sous le duvet bien chaud. Elle éprouvait à cet instant, une grosse
peine. La vie semblait se dérober et la solitude l'étouffait. George se
trompait. Personne ne viendrait frapper à sa porte. L’illusion était bel et
bien mère de la sottise. Elle essaya de se convaincre qu’elle n’était pas si
malheureuse que ça. Sa petite vie était tranquille bien qu'ennuyeuse. Elle ne
réussit pas à se consoler et ses larmes se mirent à couler. Elle n'éteignit pas la lampe car l'air lui
manquait. Soudain, Balthazar aboya. Elle sursauta et se dressa dans son lit.
Son cœur frappait violemment sa poitrine. Elle se leva. Le chien insistait.
Sortant de sa chambre, elle entendit trois coups à la porte. Elle ne rêvait
pas. Quelqu’un se tenait devant la porte. Elle lorgna la pendule qui indiquait
minuit un quart. Elle entendit une voix masculine:



-
Excusez moi de vous déranger à cette heure si tardive mais je suis bloqué par la neige. Pourrais-je
téléphoner, s'il vous plait ?



Balthazar cessa ses jappements. Marie regarda
le chien se rallonger tranquillement près de la porte de sa chambre. Elle
ressentit puissamment, l'émotion vécue le matin même devant la branche morte. Elle
cessa de réfléchir et alla ouvrir, ne se posant même plus la question :
mais qui cela peut-il bien être à heure ci tardive par un temps
pareil ?
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Dim 15 Aoû 2010 - 14:20

Je viens de lire ton texte, c'est plaisant ton histoire, bien monté. Quelques fautes par ci par là mais pas bien grave.
Connais tu le site : http://www.mymajorcompanybooks.com/
un bon début pour tes nouvelles si tu veux les éditer !
A quand la suite ?
Bises et bonne continuation,
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laurent
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par laurent le Dim 15 Aoû 2010 - 15:02

Bonjour.Hé bien ce texte est vraiment trés bien fait.Bravo.Je souhaite vraiment que cela marche . Et bon dimanche






La vie est un cadeau qu'il faut apprécier a chaque instant
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Mar 17 Aoû 2010 - 15:58

blandine c'est super chouette ce que t'écries !! merci pour ce partage !!
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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

Message par Invité le Mar 24 Aoû 2010 - 10:05

vous venez de m'offrir un beau cadeau par vos réponses encourageante. merci pour les infos Nouchka60600 . je vais le faire dès que possible. je vous envoie un gros bisous à tous et toutes.

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y Re: VOTRE AVIS M'INTERESSE !

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